Au pays mystérieux

Eva Dell’Acqua (28 febbraio 1856 - 1930): Villanelle, mélodie per voce e orchestra (1893) su testo di Frédéric van der Elst. Natalie Dessay, soprano; Berliner Philharmoniker, dir. Michael Schonwandt.

J’ai vu passer l’hirondelle
Dans le ciel pur du matin:
Elle allait, à tire-d’aile,
Vers le pays où l’appelle
Le soleil et le jasmin.
J’ai vu passer l’hirondelle!
J’ai longtemps suivi des yeux
Le vol de la voyageuse.
Depuis, mon âme rêveuse
L’accompagne par les cieux.
Ah! ah! au pays mystérieux!
Et j’aurais voulu comme elle
Suivre le même chemin.

Le ragazze di Cadice

Léo Delibes (1836 - 16 gennaio 1891): Les filles de Cadix, boléro (1874); testo di Alfred de Musset. Natalie Dessay, soprano; Berliner Symphoniker, dir. Michael Schønwandt.

Nous venions de voir le taureau,
  Trois garçons, trois fillettes.
Sur la pelouse il faisait beau,
Et nous dansions un boléro
  Au son des castagnettes:
   «Dites-moi, voisin,
   Si j’ai bonne mine,
   Et si ma basquine
   Va bien, ce matin.
  Vous me trouvez la taille fine?
    Ah! ah!
Les filles de Cadix aiment assez cela.»

Et nous dansions un boléro
  Un soir, c’était dimanche.
Vers nous s’en vint un hidalgo
Cousu d’or, la plume au chapeau,
  Et la poing sur la hanche:
   «Si tu veux de moi,
   Brune au doux sourire,
   Tu n’as qu’a le dire,
   Cet or est à toi.
  – Passez votre chemin, beau sire
    Ah! Ah!
Les filles de Cadix n’entendent pas cela.»

Et nous dansions un boléro,
  Au pied de la colline.
Sur le chemin passa Diégo,
Qui pour tout bien n’a qu’un manteau
  Et qu’une mandoline:
   «La belle aux doux yeux,
   Veux-tu qu’à l’église
   Demain te conduise
   Un amant jaloux?
  – Jaloux! jaloux! quelle sottise!
    Ah! ah!
Les filles de Cadix craignent ce défaut là!»

Delibes, Les filles de Cadix