Jacques Arcadelt (1507 - 1568): Nous voyons que les hommes, chanson a 3 voci (pubblicata nel Tiers Livre de chansons, Le Roy & Ballard, Paris 1554, Édition 1, n. 15). Ensemble Doulce Mémoire, dir. Denis Raisin Dadre.
Nous voyons que les hommes
font tous vertu d’aimer
et, sottes que nous sommes,
voulons l’amour blâmer.
Ce qui leur est louable
nous tourne à déshonneur,
faute inexcusable,
O dure loi d’honneur!
Nature, plus qu’eux sage,
nous en a un corps mis
plus propre à cet usage
et nous est moins permis.
Arcadelt: Ave Maria a 4 voci. The Cathedral Singers, dir. Richard Proulx.
Non si tratta in realtà di una composizione originale di Arcadelt, bensì di un travestimento spirituale, realizzato da Pierre-Louis Dietsch nel 1842, della chanson precedente.
Franz Liszt (1811 - 1886): Ave Maria d’Arcadelt per pianoforte S.183/2 (1862). Philip Thomson.
Guillaume Dufay (1397 - 1474): Ce moys de may soyons lies et joyeux, rondeau a 3 voci. The Hilliard Ensemble.
Ce moys de may soyons lies et joyeux
Et de nos cuers ostons merancolye;
Chantons, dansons et menons chiere lye,
Pour despiter ces felons envieux.
Plus c’onques mais chascuns soit curieux
De bien servir sa maistresse jolye:
Ce moys de may soyons lies et joyeux
Et de nos cuers ostons merancolye.
Car la saison semont tous amoureux
A ce faire, pourtant n’y fallons mye.
Carissimi! Dufaÿ vous en prye
Et Perinet dira de mieux en mieux:
Ce moys de may soyons lies et joyeux
Et de nos cuers ostons merancolye;
Chantons, dansons et menons chiere lye,
Pour despiter ces felons envieux.
Clément Janequin (c1485 - 1558): Ce moys de may ma verte cotte, chanson a 4 voci. Ensemble «Clément Janequin».
Ce moys de may,
ma verte cotte je vestiray.
De bon matin me leveray,
ce joly moys de may.
Un sault, deux saults, trois saults,
en rue je feray,
Pour voir si mon amy verray.
Je luy diray qu’il me descotte.
Me descottant le baiseray.
Thomas Crecquillon (c1505 - 1557): Ung gay bergier priait une bergiere, chanson a 4 voci (pubblicata in Premier Livre des chansons a quatre parties, 1543, n. 30). Ensemble «Clément Janequin».
Ung gay bergier priait une bergiere
en luy faisant du jeu d’amours requeste.
Allez, dict elle, tirez vous arriere,
vostre parler je trouve deshonneste.
Ne pensez pas que feroye tel default,
par quoy, cessez faire telle priere,
car tu n’as pas la lance qui me fault.
Josquin des Prez (c1450 - 1521): Vive le roy! a 4 voci (pubblicato in Harmonice Musices Odhecaton, 1504). Interpreti vari:
Hespèrion XX, dir. Jordi Savall
Purcell Consort of Voices, dir. Grayston Burgess
les haulz et les bas
Cambridge Symphonic Brass Ensemble
The Royal Danish Brass Ensemble
Anche il cantus firmus di questa composizione, affidato al tenor, è stato ottenuto con il procedimento compositivo oggi noto come soggetto cavato (cfr. Per il duca di Ferrara), in questo modo:
Francesco Canova, detto Francesco da Milano, Francesco del Liuto e il Divino (1497 - 15 aprile 1543): Fantasia per liuto, n. 33 del catalogo Ness. Monica Pustilnik, vihuela.
Clément Janequin (c1485 - 1558): Il estoit une fillette, chanson a 4 voci (pubblicata nell’antologia Le Parangon des chansons, Livre 9, 1541, n. 14). Ensemble «Clément Janequin».
Il estoit une fillette
qui voulait scavoir le jeu d’amour.
Un jour qu’elle estoit seulette,
je luy en appris deux ou trois tours.
Après avoir senty le goust
elle me dit en soubzriant:
«Le premier coup me semble lour
mais la fin me semble friant».
Je luy dit «Vous me tentez»,
elle me dit «Recommencez!»
Je l’empoigne, je l’embrasse, je la fringue fort.
Elle crie «Ne cessez!»
Je lui dis «Vous me gastez,
Laissez moy, petite garce, vous avez grant tort».
Mais quand ce vint à sentir le doulx point
vous l’eussiez veu mouvoir si doulcement
que son las cueur luy tremble fort et poingt,
mais dieu merci c’estoit un doulx tourment.
La chanson del ‘500 ha una certa importanza anche per quanto riguarda la musica… strumentale. La quale per tutto il corso del Medioevo non aveva avuto una propria autonomia: gli strumenti erano sempre utilizzati di supporto al canto, raddoppiando le voci (questo avviene quando una voce e uno strumento eseguono la stessa melodia) oppure sostituendone qualcuna in caso di necessità. Poi, in epoca rinascimentale, alcuni strumentisti particolarmente abili (oggi diciamo virtuosi), segnatamente liutisti e clavicembalisti/organisti, cominciarono a trascrivere per il proprio strumento le chansons francesi più in voga: la prassi si diffuse un po’ dovunque — in Italia grazie a maestri come Francesco da Milano, liutista, e Andrea Gabrieli — dando inizio alla storia della musica strumentale vera e propria.
Alcune chansons trascritte per ensemble strumentale si trovano poi nel famoso Terzo Libriccino di musica (Danserye) pubblicato a Anversa nel 1551 da Tielman Susato, contenente un’ampia antologia di musiche per la danza; fra queste v’è appunto Il estoit une fillette di Janequin:
Tielman Susato (c1510/15 - c1570), da Janequin: Den VII Ronde: Il estoit une fillette eseguita da un quartetto di cromorni. Membri della Camerata Hungarica, dir. László Czidra.
Il cromorno, in italiano detto anche cornomuto torto, è uno strumento a ancia doppia incapsulata: appartiene dunque alla famiglia degli oboi.
Josquin des Prez (c1450 - 1521): Bergerette savoyenne, chanson a 4 voci (pubblicata in Harmonice Musices Odhecaton, 1501, n. A10). The Clerks’ Group, dir. Edward Wickham.
Bergerette savoyenne,
Qui gardez moutons aux praz,
Dy moy si vieulx estre myenne:
Je te donray uns soulas,
Et ung petit chapperon;
Dy moy se tu m’aymeras,
Ou par la merande ou non.
Je suis la proche voisine
De monsieur le cura,
Et pour chose qu on me die,
Mon vouloir ne changera,
Pour François ne Bourgoignon.
Par le cor Dé, si fera,
Ou par la merande ou non.
La chanson di Josquin nell’adattamento per strumento a tastiera di Fridolin Sicher (6 marzo 1490 - 1546) eseguito al claviciterio da Vania Dal Maso.
Lo svizzero Fridolin Sicher fu organista della Chiesa collegiata di San Gallo; la raccolta di brani intavolati per organo da lui compilata fra il 1512 e il 1531 comprende 176 composizioni e testimonia l’importanza crescente della musica strumentale all’inizio del Cinquecento.
Del claviciterio (un clavicembalo con corde e cassa armonica disposte verticalmente) si hanno notizie a partire dalla seconda metà del Quattrocento, ma è probabile che le sue origini siano più remote.
Thoinot Arbeau (pseudonimo di Jehan Tabourot, 1519 - 1595): Belle, qui tiens ma vie, chanson ovvero pavana. La Capella Reial de Catalunya e Hespèrion XXI, dir. Jordi Savall.
Belle, qui tiens ma vie
captive dans tes yeulx,
qui m’as l’âme ravie
d’un soubzris gracieux,
viens tost me secourir
ou me fauldra mourir.
Pourquoy fuis-tu mignarde
si je suis près de toy,
quand tes yeulx je regarde
je me perds dedans moy
car tes perfections
changent mes actions.
Approche donc, ma belle,
approche toy mon bien,
ne me sois plus rebelle
puis que mon coeur est tien,
pour mon mal appaiser,
donne-moy un baiser.
Clément Janequin (c1485 - 1558): Petite nymphe folastre, chanson a 4 voci (pubblicata negli Amours de Pierre de Ronsard, 1552). The Montreal Bach Choir Society, dir. George Little (sopra) e Promusica.
Petite nymphe folastre,
nymphette que j’idolatre,
ma mignonne dont les yeulx
logent mon pis et mon mieux;
ma doucette, ma sucrée,
ma grâce, ma cytherée,
tu me doibs pour m’appaiser
mille fois le jour baiser.
Era il 1970 o giù di lì, avevo 14 anni (o giù di lì) e mi capitò quasi per caso di ascoltare due chansons di Janequin (le Chant des oyseaulx e, appunto, Petite nymphe folastre) interpretate dal coro di Montreal: fu un colpo di fulmine.
Buona festa di san Valentino 🙂
Di Gentian, attivo intorno alla metà del Cinquecento, non si sa pressoché nulla; con il suo nome ci sono pervenute una ventina di chansons, quasi tutte pubblicate da Attaingnant. Di Je suis Robert ho trovato in rete, fra le altre, queste due interpretazioni: a voce sola e liuto, eseguita da Valéry Sauvage; e a quattro voci, quelle del formidabile Ensemble «Clément Janequin».
Je suis Robert, le beau Robert,
Qui la brunette tant aimoit.
Ne scauroit on trouver un messagier en France
Qui se voulust aller au jardin de plaisance
Dire à Robert, Robert, le beau Robert,
Que la brunette se mouroit.
Je suis Robert…
Quand Robert eust oui la certaine nouvelle
Il a bridé Moreau et luy a mis la selle,
Picqua des é- des éperons jolis,
Pour la brunette secourir.
Je suis Robert…
Quand Robert fust entré au milieu de la ville
Il a oui chanter l’alouette jolie
Qui en son chant, son joli chant disoit
Que la brunette guérissoit.
Je suis Robert, le beau Robert,
Qui la brunette tant aimoit.
Guillaume Dufay (1397 - 27 novembre 1474): Adieu ces bons vins de Lannoys, rondeau a 3 voci (1427). The Orlando Consort.
Adieu ces bon vins de Lannoys,
Adieu dames, adieu borgois,
Adieu celle que tant amoye,
Adieu toute playssante joye,
Adieu tout compaignons galois.
Je m’en vois tout arquant des nois
Car je ne truis feves ne pois,
Dont bien souvent au cuer m’ennoye.
Adieu ces bon vins de Lannoys,
Adieu dames, adieu borgois,
Adieu celle que tant amoye.
De moy serés par plusieurs fois
Regretés par dedans les bois
Ou il n’y a sentier ne voye;
Puis ne scaray que faire doye,
Se je ne crie a haute vois:
Adieu ces bon vins de Lannoys,
Adieu dames, adieu borgois,
Adieu celle que tant amoye,
Adieu toute playssante joye,
Adieu tout compaignons galois.
Oscar Strasnoy (12 novembre 1970): Tourbillon per pianoforte, da Georges Delerue. Alexandre Tharaud, pianoforte.
Jeanne Moreau canta le Tourbillon de la vie di Georges Delerue in Jules et Jim di François Truffaut; il testo è di Cyrus Bassiak (pseudonimo di Serge Rezvani), che nel film suona la chitarra.
Elle avait des bagues à chaque doigt,
Des tas de bracelets autour des poignets,
Et puis elle chantait avec une voix
Qui, sitôt, m’enjôla.
Elle avait des yeux, des yeux d’opale,
Qui me fascinaient, qui me fascinaient.
Y avait l’ovale de son visage pâle
De femme fatale qui m’fut fatale.
On s’est connus, on s’est reconnus,
On s’est perdus de vue, on s’est r’perdus d’vue
On s’est retrouvés, on s’est réchauffés,
Puis on s’est séparés.
Chacun pour soi est reparti.
Dans l’tourbillon de la vie
Je l’ai revue un soir, aïe aïe aïe
Ça fait déjà un fameux bail.
Au son des banjos je l’ai reconnue.
Ce curieux sourire qui m’avait tant plu.
Sa voix si fatale, son beau visage pâle
M’émurent plus que jamais.
Je me suis soûlé en l’écoutant.
L’alcool fait oublier le temps.
Je me suis réveillé en sentant
Des baisers sur mon front brûlant.
On s’est connus, on s’est reconnus.
On s’est perdus de vue, on s’est r’perdus de vue
On s’est retrouvés, on s’est séparés.
Puis on s’est réchauffés.
Chacun pour soi est reparti.
Dans l’tourbillon de la vie.
Je l’ai revue un soir, ah là là
Elle est retombée dans mes bras.
Quand on s’est connus,
Quand on s’est reconnus,
Pourquoi se perdre de vue,
Se reperdre de vue?
Quand on s’est retrouvés,
Quand on s’est réchauffés,
Pourquoi se séparer?
Alors tous deux on est repartis
Dans le tourbillon de la vie
On a continué à tourner
Tous les deux enlacés.
Antoine Busnois (c1430 - 6 novembre 1492): Je ne puis vivre ainsy, bergerette a 3 voci (c1460). Ensemble Pomerium, dir. Alexander Blachly.
La bergerette è un virelai provvisto di un’unica strofe; la sua struttura è dunque refrain – strofe – refrain.
A Busnois piaceva molto giocare con le note e con le parole. Il testo di questa composizione è un acrostico che rivela il nome della persona cui è dedicata.
Je ne puis vivre ainsy toujours Au main que j’aye en mes dolours Quelque confort Une seule heure ou mains ou fort Et tou les jours Leaument serviray amours Jusqu’a la mort. Noble femme de nom et d’armes, Escript vous ay ce dittier-cy.
Des ieux plourant a chauldes larmes Affin qu’ayes de moy merchy. Quant a moi, je me meurs boncours Velant les nuits, faisant cent tours En criant fort Vengence en a Dieu, car a grant tort Je noye en plours Lors qu’au besoin me fault secours Et Pitie dort.
Nicolas Grenon (c1375 - 17 ottobre 1456): La plus belle et doulce figure, virelai (chanson) a 3 voci, tramandato dal Codex Reina (nouv. acq. fr. 6771 della Bibliothèque Nationale de France). Ensemble Amadis, dir. Catherine Joussellin.
La plus belle et doulce figure,
la plus noble, gente faiture,
c’est ma chiere dame et mestresse.
Bon an, bon jour, joye et liesse
li doinst dieux, et bone aventure.
C’est tout mon bien, c’est ma déesse,
celle par qui ma dolour cesse,
en qui je preing ma noreture,
qui servir vueil sans nul destresse
de cuer, tant que vogue me lesse,
n’en ce monde d’autre n’ay cure.
Former la sut dieus de nature:
blans, blond, tout par mesure;
playsanment y jouta jesnesse,
largesse, honour, toute noblesse
en fais, en dis et en parleure.
(Il più bello e dolce volto, l’aspetto più nobile e gentile è quello della mia cara signora e padrona. Un buon anno, una buona giornata, gioia e letizia le conceda il Signore, e buona sorte.
È tutto il mio bene, è la mia dea colei grazie alla quale ha fine ogni mia pena e dalla quale prendo sostentamento,
colei che desidero servire senza per questo provar disagio, di cuore, finché me lo concederà, perché non mi interessa altro in questo mondo.
Dio l’ha saputa formare secondo natura: di pelle chiara, bionda, ogni cosa nella giusta misura; piacevolmente vi ha aggiunto giovinezza, generosità, onore e ogni nobiltà nell’agire, nel parlare e nel pensare.)
Claudin de Sermisy (c1490 - 13 ottobre 1562): Secourez moy, chanson a 4 voci (pubblicata nella raccolta Trente et sept chansons musicales a quatre parties, 1531); testo di Clément Marot. Ensemble «Clément Janequin».
Secourez-moi ma dame par amours
Ou autrement la mort me vient quérir.
Autre que vous ne peut donner secours
À mon las coeur lequel s’en va mourir.
Hélas, hélas, venez tôt secourir
Celui qui vit pour vous en grand tristesse,
Car de son coeur vous êtes la maîtresse.
Gilles Binchois (c1400 - 20 settembre 1460): Amours merchi, chanson a 3 voci. Ensemble «Gilles Binchois», dir. Dominique Vellard.
Amours merchi de trestout non poir
tant que je puis quant il m’a fait choisir.
Tres douchement, et tout a mon voloir
Agatie m’a un tres riche plaisir.
Cescune fois que j’en ay souvenir
Le cuer de moy devient tout joieux,
Prendre ne puis nul espoir doloreux
Si richement t’ay choisi a mon gré
Et par amours que le m’a commandé.
Clément Janequin (c1485 - 1558): la Guerre (la Bataille de Marignan), chanson a 4 voci (1555). Ensemble «Clément Janequin».
La partitura è interessantissima: leggendola e insieme ascoltando il brano, sono tutte da gustare le numerose onomatopee. Ecco il testo, per chi non sa (o non vuole) leggere la musica:
1ère partie :
Escoutez, tous gentilz Galloys,
La victoire du noble roy Françoys.
Et orrez, si bien escoutez,
Des coups ruez de tous costez.
Phiffres, soufflez,
Frappez, tambours, toujours!
Aventuriers, bons compagnons,
Ensemble croisez vos bastons.
Bendez soudain, gentils Gascons.
Nobles, sautez dans les arçons,
La lance au poing hardiz et prompts,
Comme lyons!
Haquebutiers, faites vos sons!
Armes bouclez, frisques mignons.
Donnez dedans! Frappez dedans!
Alarme, alarme.
Soyez hardiz, en joye mis.
Chacun s’assaisonne,
La fleur de lys,
Fleur de haut pris,
Y est en personne.
Suivez Françoys,
Le roy Françoys,
Suivez la couronne!
Sonnez trompettes et clarons,
Pour resjouyr les compagnons.
2ème partie :
Fan fre le le,
Fan fan feyne,
Fa ri ra ri ra,
A l’étendard,
Tous avant,
Boutez selle,
gens d’armes à cheval,
Frere le le fan fan.
Bruyez, tonnez,
Bombardes et canons,
Tonnez gros couteaux et faulcons,
Pour secourir les compagnons.
Von pa ti pa toc,
Ta ri ra ri ra ri ra reyne,
Pon, pon, pon, pon,
Courage, courage,
Donnez des horions.
Chipe, chope, torche, lorgne,
Pa ti pa toc,
Tric, trac zin zin,
Tue! à mort; serre,
Courage prenez,
Frappez, tuez.
Gentils galants, soyez vaillants,
Frappez dessus, ruez dessus,
Fers émolus, chiques dessus,
Alarme, alarme!
Ils sont confus, ils sont perdus,
Ils montrent les talons.
Escampe toute frelore,
La tintelore,
Ils sont défait.
Victoire au noble roy Françoys,
Escampe toute frelore bigot.
Andrea Gabrieli (c1533 - 1585): Aria della battaglia per sonar d’istrumenti da fiato (pubbl. 1590), trascrizione della chanson di Janequin. Symposium musicum, dir. Miloslav Klement.
La battaglia di Marignano, passata alla storia come «battaglia dei giganti», ebbe luogo fra il 13 e il 14 settembre 1515.
Pierre Guédron (c1565 - c1621): Vous que le bonheur rappelle, air de cour (pubblicato a cura di Robert Dowland in A Musicall Banquet, Londra 1610, n. XIII). The Consort of Musicke, dir. Anthony Rooley.
Vous que le bonheur rappelle
à un servage ancien,
mourez aux pieds de la belle
qui vous daigne faire sien.
Glorieuse en votre perte,
honorez votre vainqueur,
qui vous a la porte ouverte
de la prison de son coeur.
Heureux venez vous donc rendre
à celle qui vous a pris;
c’est honneur de se voir prendre
à qui tient tout à mépris.
L’honneur d’un brave adversaire
honore votre trépas,
heureux qu’en mourant peut faire
que son nom ne meure pas.
Pierre Guédron (c1565 - c1621): Si le parler et le silence, air de cour (pubblicato in Airs de différents auteurs mis en tablature de luth par Gabriel Bataille, Parigi 1608; poi a cura di Robert Dowland in A Musicall Banquet, Londra 1610, n. XII). Nigel Rogers, tenore; Anthony Bailes, liuto.
Ce penser qui sans fin tirannise ma vie
se montre tellement contre moi conjuré,
que tant plus jé m’efforce à dompter son ennuie
at tant moins à mon bien je le vois préparé.
J’ai quitté la beauté dont il a pris naissance,
espérant par l’oublie ses charmes décevoir
mais je trouve à la fin que la venue et l’absence
sont tous deux différents, et d’un même pouvoir.
J’ay maintefois juré du change faire espreuve
Pour faire qu’un dessein fust par l’autre deffait,
Mais à toutes les fois, aussi tost je me treuve
Infidelle en parole, & fidelle en effect.
J’ay des plus fiers dedains la puissance empruntée
Pour repousser le trait dont j’ay le coeur attaint,
Mais plus je recognois par par leur force domptée
Ma douleur veritable & mon remede feint.
Ainsi donc combatant le mal qui me possede
Sans voir par ces moyens ses tempestes calmer,
Je me vay consommant dans mon propre remede
Comme un Vaisseau qui brusle au milieu de la Mer.
Voilà comme en vivant en toute servitude
Je nourris un penser dont l’impiteux effort,
Se montre en mon endroit si plain d’ingratitude
Qu’en luy donnant la vie il me donne la mort.
Pierre Guédron (c1565 - c1621): Si le parler et le silence, air de cour. Catherine King, soprano; Jacob Heringman, liuto.
Si le parler et le silence
nuit à notre heur également,
parlons donc, ma chère espérance,
du coeur et des yeux seulement;
Amour ce petit dieu volage
nous apprend ce muet langage.
Que le regard vole et revole,
messager des nos passions,
et serve au lieu de la parole
pour dire nos intentions.
Amour ce petit dieu volage
nous apprend ce muet langage.
Mais si quelque âme est offencée
de nous voir discourir des yeux,
nous parlérons de la pensée,
comme les anges dans les cieux.
Amour ce petit dieu volage
nous apprend ce muet langage.
Ainsi par un doux artifice
nous trompérons les courtisans,
et nous rirons de la malice
de mille fâcheux médisans,
qui n’en sauront pas d’avantage
ignorant, ce muet langage.
Si le parler è il primo dei tre airs de cour di Pierre Guédron inclusi da Robert Dowland nella raccolta A Musicall Banquet (Londra 1610, n. XI).
Air de cour è in sostanza il nome dato alla chanson francese d’autore nel periodo compreso tra la fine del Cinquecento e il quarto decennio del secolo successivo (corrisponde dunque grosso modo all’età aurea dell’ayre inglese). Fra i principali esponenti di questo genere, oltre a Guédron spiccano Antoine Boësset e Étienne Moulinié: nomi che ricorreranno con una certa frequenza in questo blog.
Anonimo (regione francese, sec. XVII): Quand je menai mes chevaux boire, chanson tradizionale francese (bretone o normanna). Claire Lefilliâtre, soprano; Le Poème Harmonique, dir. Vincent Dumestre.
Quand je menai mes chevaux boire,
ilaire, ilaire, itou, ilaire,
ilaire, oh, ma Nanette,
Quand je menai mes chevaux boire
j’entendis le coucou chanter.
Il me disait dans son language:
Ta bien aimée vont l’enterrer.
Ah! que dis-tu, méchante bête,
j’étais près d’elle hier au soir.
Mais quand je fus dedans la lande
j’entendis les cloches sonner.
Mais quand je fus dedans l’église
j’entendis les prêtres chanter.
Donnai du pied dedans la chasse.
Réveillez-vous si vous dormez.
Non je ne dors ni ne sommeille:
je vous attend dedans l’Enfer.
Vois: ma bouche est pleine de terre
et la tienne est pleine d’amour.
Auprès de moi reste une place
et c’est pour toi qu’on l’a gardée.
Francesco Canova, detto Francesco da Milano, Francesco del Liuto e il Divino (18 agosto 1497 - 1543): composizioni per liuto. Caius Hera.
Le composizioni di Francesco da Milano che ci sono pervenute sono state pubblicate in edizione critica dal musicologo statunitense Arthur J. Ness nel 1970; oggi, per distinguerle si usa far riferimento alla numerazione assegnata loro dal prof. Ness.
Fantasia (Ness 67)
Fantasia (Ness 41) [1:35]
Fantasia (Ness 31) [2:10]
Ricercar (Ness 52) [2:50]
Ricercar (Ness 4) [4:24]
Fantasia (Ness 81) [5:08]
Ricercar (Ness 84) [5:52]
Ricercar (Ness 16) [6:38]
Fantasia (Ness 40) [7:36]
Ricercar (Ness 10) [8:30]
De mon triste desplaisir (trascrizione dell’omonima chanson di Jean Richafort) [10:03]
Fantasia de mon triste (sulla medesima chanson) [11:46]
Anonimo del XVI secolo: Mignonne, allons (pubblicato nel Recueil des plus belles et excellentes chansons en forme de voix de ville, 1576) di Jean Chardevoine; testo di Pierre de Ronsard (ode À Cassandre, 1545). Duo Mignarda: Donna Stewart, voce; Ron Andrico, liuto.
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu cette vesprée,
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.
Las! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Hélas! ses beautés laissé choir!
Ô vraiment marâtre Nature,
Puis qu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir!
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vôtre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse:
Comme à cette fleur la vieillesse
Fera ternir votre beauté.
La Cassandre cui è dedicata l’ode di Ronsard, fra i più celebri componimenti del poeta francese, è Cassandra Salviati, figlia del banchiere fiorentino Bernardo.
Pierre de Ronsard e Cassandra Salviati nel frontespizio della prima edizione degli Amours (Parigi 1552).
Un sentito ringraziamento a Luisa Zambrotta, il cui interessantissimo blog ha richiamato alla mia mente questa struggente chanson.
Clément Janequin (c1485 - 1558): Quand contremont verras retourner Loyre, chanson a 4 voci (pubblicata nell’antologia Livre 6: XXV chansons nouvelles, 1550, n. 1). Ensemble «Clément Janequin».
Quand contremont verras retourner Loyre
Et ses poissons en l’air prendre pasture,
Les corbeaux blancs laissant noire vesture,
Alors de toy n’aurai plus de mémoire.
«Dove c’è musica non ci può essere cosa cattiva» (Cervantes)
Miguel de Cervantes Saavedra morì il 22 aprile 1616.
Sul suo capolavoro immortale è già stato scritto tutto, anche l’impossibile e l’inimmaginabile: ragion per cui oggi, celebrando la ricorrenza, mi limiterò a segnalare un interessante articolo di José Saramago pubblicato nel 2005 sul «País» e, in italiano, sulla «Repubblica» (leggibile online a questo indirizzo). Inoltre, com’è consuetudine in questo blog, proporrò l’ascolto di alcune composizioni musicali ispirate da Cervantes.
Alla «presenza di Don Chisciotte nella musica» dedicò una dissertazione, nel 1984, la studiosa statunitense Susan Jane Flynn: il suo lavoro è disponibile in rete (The Presence of Don Quixote in Music, University of Tennessee).
Richard Strauss (1864 - 1949): Don Quixote, poema sinfonico op. 35 in forma di phantastische Variationen über ein Thema ritterlichen Charakters (variazioni fantastiche sopra un tema cavalleresco; 1897). Mstislav Rostropovič, violoncello; Berliner Philharmoniker, dir. Herbert von Karajan. Illustrazioni di Gustave Doré.
Introduzione: Mäßiges Zeitmaß. Thema mäßig. «Don Quichotte verliert über der Lektüre der Ritterromane seinen Verstand und beschließt, selbst fahrender Ritter zu werden»
Tema: Mäßig. «Don Quichotte, der Ritter von der traurigen Gestalt». Maggiore: «Sancho Panza» [6:25]
Variazione I: Gemächlich. «Abenteuer an den Windmühlen» [8:44]
Variazione II: Kriegerisch. «Der siegreiche Kampf gegen das Heer des großen Kaisers Alifanfaron» [11:24]
Variazione III: Mäßiges Zeitmaß. «Gespräch zwischen Ritter und Knappen» [13:09]
Variazione IV: Etwas breiter. «Unglückliches Abenteuer mit einer Prozession von Büßern» [21:47]
Variazione V: Sehr langsam. «Die Waffenwache» [23:44]
Variazione VI: Schnell. «Begegnung mit Dulzinea» [27:54]
Variazione VII: Ein wenig ruhiger als vorher. «Der Ritt durch die Luft» [29:09]
Variazione VIII: Gemächlich. «Die unglückliche Fahrt auf dem venezianischen Nachen» [30:25]
Variazione IX: Schnell und stürmisch. «Kampf gegen vermeintliche Zauberer» [32:16]
Variazione X: Viel breiter. «Zweikampf mit dem Ritter vom blanken Mond» [33:28]
Finale: Sehr ruhig. «Wieder zur Besinnung gekommen» [38:10]
Erich Korngold (1897 - 1957): Don Quixote, 6 pezzi per pianoforte (1907-09). Mara Jaubert.
Don Quixote über den Ritterbüchern und seine Sehnsucht nach Waffentaten
Sancho Panza auf seinem “Grauen”
Don Quixotes Auszug
Dulcinea von Toboso
Abenteuer
Don Quixotes Bekehrung und Tod
Jules Massenet (1842 - 1912): scena finale di Don Quichotte, comédie héroïque in 5 atti, libretto di Henri Cain (1910). Don Quichotte: José van Dam; Sancho Panza: Werner van Mettelen; voce di Dulcinée: Silvia Tro Santafé. Bruxelles, Théâtre La Monnaie, 2010.
Manuel de Falla (1876 - 1946): El retablo de Maese Pedro, opera per marionette in 1 atto (6 scene) su libretto proprio (1923). Don Quijote: Justino Díaz; Pedro: Joan Cabero; narratore: Xavier Cabero; Orchestre Symphonique de Montréal, dir. Charles Dutoit.
Maurice Ravel (1875 - 1937): Don Quichotte à Dulcinée, 3 chansons per baritono e pianoforte su testo di Paul Morand (1932-33); originariamente composte per il film Don Quichotte (con Fëdor Šaljapin) di Georg Wilhelm Pabst. Dietrich Fischer-Dieskau, baritono; Karl Engel, pianoforte.
Chanson romanesque: Moderato
Chanson épique: Molto moderato
Chanson à boire: Allegro
Roberto Gerhard (1896 - 1970): Don Quijote, balletto (1940-41, rev. 1947-49). Orquesta Sinfónica de Tenerife, dir. Victor Pablo Pérez.
Claude Le Jeune (c1530 - 1600): Revecy venir du printemps, rondeau a 5 voci (1585) su testo di Jean-Antoine de Baïf. Suzie LeBlanc, soprano; Daniel Taylor, controtenore; Francis Colpron e Matthias Maute, flauti; Olivier Brault e Hélène Plouffe, violini; Susie Napper e Margaret Little, viole da gamba; Sylvain Bergeron, liuto; Vincent Dhavernas, percussioni.
Revecy venir du printemps,
l’amoureus’et bele saison.
Le courant des eaux recherchant
Le canal d’été s’éclaircit,
Et la mer calme de ces flots
Amollit le triste courroux.
Le canard s’egaye plongeant,
Et se lave coint dedans l’eau;
Et la grue qui fourche son vol,
Retraverse l’air et s’en va.
Le soleil éclaire luisant
D’une plus sereine clairté;
Du nuage l’ombre s’enfuit,
Qui se joue et court et noircit,
Et forêts et champs et coteaux.
Le labeur humain reverdit,
Et le pré découvre ses fleurs.
De Venus le fils Cupidon
l’univers semant de ses traits,
De sa flamme va réchaufer
Animaux qui volent en l’air,
Animaux qui rampent aux champs,
Animaux qui nagent aux eaux.
Ce qui mêmement ne sent pas,
Amoureux se fond de plaisir.
Rions aussi nous et cherchons
Les ébats et jeu du printemps.
Toute chose rit de plaisir
Célébrons la gaye saison.
Lo stesso brano adattato per ottoni e eseguito dal Saxon Brass Quintet.