Dell’amore e del mare

Ernest Chausson (21 gennaio 1855 - 1899): Poème de l’amour et de la mer per voce e orchestra op. 19 (1882-92) su testo di Maurice Bouchor. Montserrat Caballé, soprano; Symphonica of London, dir. Wyn Morris.


I. La Fleur des eaux

L’air est plein d’une odeur exquise de lilas
Qui, fleurissant du haut des murs jusques en bas,
  Embaument les cheveux des femmes.
La mer au grand soleil va toute s’embraser,
Et sur le sable fin qu’elles viennent baiser
  Roulent d’éblouissantes lames.

Ô ciel qui de ses yeux dois porter la couleur,
Brise qui va chanter dans les lilas en fleur
  Pour en sortir tout embaumée,
Ruisseaux, qui mouillerez sa robe, ô verts sentiers,
Vous qui tressaillerez sous ses chers petits pieds,
  Faites-moi voir ma bien-aimée!

Et mon cœur s’est levé par ce matin d’été;
Car une belle enfant était sur le rivage,
Laissant errer sur moi des yeux pleins de clarté,
Et qui me souriait d’un air tendre et sauvage.

Toi que transfiguraient la Jeunesse et l’Amour,
Tu m’apparus alors comme l’âme des choses;
Mon cœur vola vers toi, tu le pris sans retour,
Et du ciel entr’ouvert pleuvaient sur nous des roses.

Quel son lamentable et sauvage
  Va sonner l’heure de l’adieu!
La mer roule sur le rivage,
Moqueuse, et se souciant peu
  Que ce soit l’heure de l’adieu.

Des oiseaux passent, l’aile ouverte,
  Sur l’abîme presque joyeux;
Au grand soleil la mer est verte,
Et je saigne, silencieux,
  En regardant briller les cieux.

Je saigne en regardant ma vie
  Qui va s’éloigner sur les flots;
Mon âme unique m’est ravie
Et la sombre clameur des flots
  Couvre le bruit de mes sanglots.

Qui sait si cette mer cruelle
  La ramènera vers mon cœur?
Mes regards sont fixés sur elle;
La mer chante, et le vent moqueur
  Raille l’angoisse de mon cœur.

Interlude [12:34]

II. La Mort de l’amour [15:41]

Bientôt l’île bleue et joyeuse
Parmi les rocs m’apparaîtra;
L’île sur l’eau silencieuse
Comme un nénuphar flottera.

À travers la mer d’améthyste
Doucement glisse le bateau,
Et je serai joyeux et triste
De tant me souvenir — bientôt!

Le vent roulait les feuilles mortes; mes pensées
Roulaient comme des feuilles mortes, dans la nuit.
Jamais si doucement au ciel noir n’avaient lui
Les mille roses d’or d’où tombent les rosées.

Une danse effrayante, et les feuilles froissées,
Et qui rendaient un son métallique, valsaient,
Semblaient gémir sous les étoiles, et disaient
L’inexprimable horreur des amours trépassés.

Les grands hêtres d’argent que la lune baisait
Étaient des spectres : moi, tout mon sang se glaçait
En voyant mon aimée étrangement sourire.

Comme des fronts de morts nos fronts avaient pâli,
Et, muet, me penchant vers elle, je pus lire
Ce mot fatal écrit dans ses grands yeux: l’oubli.

Le temps des lilas et le temps des roses
Ne reviendra plus à ce printemps-ci;
Le temps des lilas et le temps des roses
Est passé, le temps des œillets aussi.

Le vent a changé, les cieux sont moroses,
Et nous n’irons plus courir, et cueillir
Les lilas en fleur et les belles roses;
Le printemps est triste et ne peut fleurir.

Oh! joyeux et doux printemps de l’année,
Qui vins, l’an passé, nous ensoleiller,
Notre fleur d’amour est si bien fanée,
Las! que ton baiser ne peut l’éveiller!

Et toi, que fais-tu? pas de fleurs écloses,
Point de gai soleil ni d’ombrages frais;
Le temps des lilas et le temps des roses
Avec notre amour est mort à jamais.

Chausson, op. 19

Variazioni su un tema capriccioso

Ermanno Wolf-Ferrari (12 gennaio 1876 - 21 gennaio 1948): Divertimento in re maggiore per orchestra op. 20 (1937). Münchner Rundfunkorchester, dir. Ulf Schirmer.

  1. Variazioni su un tema capriccioso
  2. Canzone pastorale [7:31]
  3. Siciliana [11:18]
  4. Rondò finale [16:05]

Air chinois

Alcuni temi musicali pubblicati con funzioni esplicative da Jean-Jacques Rousseau nel Dictionnaire de musique (1768) sono stati poi inseriti in composizioni più o meno celebri. Per esempio, una melodia di ranz des vaches fornì a Rossini lo spunto per alcune pagine, fra cui la famosa scena finale, del Guillaume Tell (1828).
Questo «air chinois», invece,

venne utilizzato da Carl Maria von Weber in una Overtura cinese scritta nel 1805 e poi confluita nelle musiche di scena composte per una rappresentazione della Turandot che Schiller aveva tratto dall’omonimo lavoro di Gozzi. Più recentemente Paul Hindemith impiegò lo stesso tema, desunto dall’Overtura cinese di Weber, nelle Metamorfosi sinfoniche.
Il medesimo «air chinois» ispirò inoltre una sere di variazioni sinfoniche al com­po­si­to­re bri­tan­ni­co di origine belga Eugene Aynsley Goossens.


Carl Maria von Weber (1786 - 1826): Ouverture e Marcia [a 4:22] per Turandot op. 37, J. 75 (1809). City of Birmingham Symphony Orchestra, dir. Lawrence Foster.


Paul Hindemith (1895 - 1963): Scherzo (Turandot), da Symphonic Metamorphosis of Themes by Carl Maria von Weber (1943). Berliner Philharmoniker diretti dall’autore (1955).
Il titolo originale dell’opera è in inglese: Hindemith si era stabilito negli Stati Uniti nel 1940 e le Metamorfosi furono eseguite per la prima volta il 20 gennaio 1944 dalla New York Philharmonic-Symphony Orchestra diretta da Artur Rodziński.
(Penso che Hindemith sia un compositore sottovalutato; questo Scherzo è sem­pli­ce­mente geniale.)


Eugene Aynsley Goossens (1893 - 1962): Variations on a Chinese Theme per orchestra op. 1 (1911-12). Melbourne Symphony Orchestra, dir. Vernon Handley.

Allegro maestoso – II

Ferdinand Hérold (1791 - 19 gennaio 1833): Concerto per pianoforte e orchestra n. 3 in la maggiore (1813). Jean-Frédéric Neuburger, pianoforte; Sinfonia Varsovia, dir. Hervé Niquet.

  1. Allegro maestoso
  2. Andante con violino obligato
  3. Rondò: Moderato

Apparizioni fantastiche di una pulce

Hector Berlioz (1803 - 1869): «Une puce gentille», dalla légende dramatique La damna­tion de Faust (1846, da Goethe), parte 2ª, scena 6ª. Gabriel Bacquier, baritono; London Symphony Orchestra, dir. Georges Prêtre.

Une puce gentille
chez un prince logeait.
Comme sa propre fille,
le brave homme l’aimait,
et, l’histoire assure,
à son tailleur un jour
lui fit prendre mesure
pour un habit de cour.

L’insecte, plein de joie
dès qu’il se vit paré
d’or, de velours, de soie,
et de crois décoré.
Fit venir de province
ses frères et ses sœurs
qui, par ordre du prince,
devinrent grands seigneurs.

Mais ce qui fut bien pire,
c’est que les gens de cour,
sans en oser rien dire,
se grattaient tout le jour.
Cruelle politique!
Ah! plaignons leur destin,
et, dès qu’une nous pique,
écrasons-la soudain!


Walter Braunfels (1882 - 1954): Phantastische Erscheinungen eines Themas von Berlioz op. 25 (1914-17). ORF Radio-Symphonieorchester Wien, dir. Dennis Russell Davies.

Pièces pittoresques & Suite pastorale

Emmanuel Chabrier (18 gennaio 1841 - 1894): Pièces pittoresques per pianoforte (1880-81). Rena Kyriakou.

  1. Paysage: Allegro non troppo
  2. Mélancolie: Ben moderato [5:46]
  3. Tourbillon: Allegro con fuoco [7:59]
  4. Sous-Bois: Andantino [9:23]
  5. Mauresque: Moderato [14:00]
  6. Idylle: Allegretto [17:12]
  7. Danse villageoise: Allegro risoluto [22:24]
  8. Improvisation: Andantino [26:35]
  9. Menuet pompeux: Allegro franco [31:07]
  10. Scherzo-Valse: Vivo [37:51]

Chabrier, Pièces pittoresques


Chabrier: Suite pastorale, orchestrazione delle Pièces pittoresques n. 6, 7, 4 e 10 (1888). Wiener Philharmoniker, dir. John Eliot Gardiner.

Chabrier, Suite pastorale

Luces y sombras

Claudia Montero (1962 - 16 gennaio 2021): Luces y sombras, concerto per per chitarra e orchestra (2017). María Isabel Siewers, chitarra; Orchestra sinfonica di Praga (Sym­fo­nický orchestr hlavního města Prahy), dir. Lucía Zicos.

  1. Decidido
  2. Molto espressivo
  3. Risoluto espressivo

The Solway Canal (Gavin Bryars 80)

Gavin Bryars (16 gennaio 1943): Concerto per pianoforte, coro maschile e orchestra, The Solway Canal (2010); testi di Edwin Morgan (1920 - 2010). Ralph van Raat, pianoforte; Cappella Amsterdam, Nederlands Radio Kamer Filharmonie, dir. Otto Tausk.

The Solway Canal

Slowly through the Cheviot Hills at dawn
we sailed. The high steel bridge at Carter Bar
passed over us in fog with not a car
in its broad lanes. Our hydrofoil slid on,
vibrating quietly through wet rock walls
and scarves of dim half-sparkling April mist;
a wizard with a falcon on his wrist
was stencilled on our bow. Rough waterfalls
flashed on that northern island of the Scotts
as the sun steadily came up and cast
red light along the uplands and the waves,
and gulls with open beaks tore out our thoughts
through the thick glass to where the Eildons massed,
or down to the Canal’s drowned borderers’ graves.

A Place of Many Waters

Infinitely variable water,
let seals bob in your silk or loll on Mull
where the lazy fringes rustle; let hull
and screw slew you round, blind heavy daughter
feeling for shores; keep kelpies in loch lairs,
eels gliding, malts mashing, salmon springing;
let the bullers roar to the terns winging
in from a North Sea’s German Ocean airs
of pressing crashing Prussian evening blue;
give linns long fall; bubble divers bravely
down to mend the cable you love to rust;
and slant at night through lamplit cities, true
as change is true, on gap-site pools, gravely
splintering the puckering of the gust.

Kleist-Ouvertüre

Richard Wetz (1875 - 16 gennaio 1935): Kleist-Ouvertüre in re minore op. 16 (1908). Deutsche Staatsphilharmonie Rheinland-Pfalz, dir. Werner Andreas Albert.

Omaggio al drammaturgo Heinrich von Kleist (1777 - 1811), la partitura reca in epigrafe alcuni versi di Friedrich Hölderlin (1770 - 1843):

Nicht in der Blüt’ und Purpurtraub’
Ist heilige Kraft allein, es nährt
Das Leben vom Leide sich,
Und trinkt, wie mein Held, doch auch
Am Todeskelche sich glücklich.

(Non soltanto nel fiore e nell’uva purpurea è la sacra energia; la vita si nutre di dolore e beve, come il mio eroe, anche la gioia dal calice della morte.)

Allegro risoluto e capriccioso

Eduard Lassen (1830 - 15 gennaio 1904): Concerto in re maggiore per violino e orchestra op. 87 (1888). Jiří Vodička, violino; Janáčkova filharmonie Ostrava, dir. Heiko Mathias Förster.

  1. Allegro moderato
  2. Andante cantabile [13:29]
  3. Allegro risoluto e capriccioso

Balletto egiziano

Alexandre Luigini (1850 - 1906): Ballet égyptien op. 12 (1875). London Symphony Orchestra, dir. Richard Bonynge.

Rappresentato per la prima volta al Grand Théâtre di Lione il 13 gennaio 1875, il balletto di Luigini acquisì una certa notorietà undici anni più tardi, nel 1886, quando fu eseguito nel corso di una rappresentazione lionese dell’Aida, come introduzione al II atto.

Cum Lazaro

Maurice Duruflé (11 gennaio 1902 - 1986): Requiem op. 9, versione con grande orchestra (1950). Anne Sofie von Otter, mezzosoprano; Thomas Hampson, baritono; Marie-Claire Alain, organo; coro Orféon Donostiarra; Orchestre du Capitole de Toulouse, dir. Michel Plasson.

I. Introït

Requiem aeternam dona eis Domine,
et lux perpetua luceat eis.
Te decet hymnus Deus in Sion,
et tibi reddetur votum in Jerusalem.
Exaudi orationem meam,
ad te omnis caro veniet.
Requiem aeternam dona eis Domine,
et lux perpetua luceat eis.

II. Kyrie [3:56]

Kyrie eleison.
Christe eleison.
Kyrie eleison.

III. Domine Jesu Christe [8:26]

Domine Jesu Christe, Rex gloriae,
libera animas omnium fidelium defunctorum
de poenis inferni, et de profundo lacu.
Libera eas de ore leonis,
ne absorbeat eas tartarus,
ne cadant in obscurum.
Sed signifer sanctus Michael
repraesentet eas in lucem sanctam,
quam olim Abrahae promisisti, et semini ejus.
Hostias et preces tibi, Domine, laudis offerimus.
Tu suscipe pro animabus illis,
quarum hodie memoriam facimus;
fac eas, Domine, de morte transire ad vitam,
quam olim Abrahae promisisti, et semini ejus.

IV. Sanctus [17:14]

Sanctus Dominus Deus Sabaoth.
Pleni sunt coeli et terra gloria tua.
Hosanna in excelsis.
Benedictus qui venit in nomine domini.
Hosanna in excelsis.

V. Pie Jesu [21:23]

Pie Jesu Domine,
dona eis requiem sempiternam.

VI. Agnus Dei [25:27]

Agnus Dei, qui tollis peccata mundi,
dona eis requiem sempiternam.

VII. Lux aeterna [29:55]

Lux aeterna luceat eis, Domine,
cum sanctis tuis in aeternum, quia pius es.
Requiem aeternam, dona eis Domine,
et lux perpetua luceat eis.

VIII. Libera me [34:08]

Libera me, Domine, de morte aeterna,
in die illa tremenda, quando coeli movendi sunt et terra,
dum veneris judicare saeculum per ignem.
Tremens factus sum ego, et timeo,
dum discussio venerit, atque ventura ira.
Dies illa, dies irae,
calamitatis et miseriae,
dies magna et amara valde.
Dum veneris judicare saeculum per ignem.
Requiem aeternam dona eis, Domine,
et lux perpetua luceat eis.

IX. In Paradisum [40:25]

In Paradisum deducant te Angeli,
in tuo adventu suscipiant te martyres,
et perducant te in civitatem sanctam Jerusalem.
Chorus Angelorum te suscipiat,
et cum Lazaro quondam paupere
aeternam habeas requiem.

Bellissimo lavoro, in sostanza una rielaborazione polifonica moderna di canti grego­riani, tutti desunti dalla Missa pro defunctis. Il Requiem era stato originariamente (1941) commissionato a Duruflé dal governo collaborazionista di Vichy.

Maurice Duruflé