Scene d’Oriente

Ernest Reyer (1° dicembre 1823 – 1909): Le Sélam, «scènes d’Orient», sinfonia descrittiva in 5 quadri per soprano, tenore, baritono, coro e orchestra (1850) su testo di Théophile Gautier. Gertrud Ottenthal, soprano; Bruno Lazzaretti, tenore; Roberto Servile, bari­tono; Coro della Cattedrale di Santa Edvige in Berlino, Rundfunk-Sinfonie­orchester Berlin, dir. Guido Maria Guida.

1er Tableau: Le Goum
2me Tableau: I. Razzia – II. Pastorale [9:13]
3me Tableau: Conjuration des Djinns [23:09]
4me Tableau: Chant du soir [32:27]
5me Tableau: La Dhossa [38:15]


Premier Tableau
Le Goum, sérénade

SOLO:
Fathma, tout dort;
Du treillis d’or,
Oh! penche-toi
Vers moi.
À ton œil noir,
Mon seul miroir,
Je veux me voir!
Mais quel est donc ce bruit,
Bruit d’alarmes?
Dans l’ombre un éclair luit
Sur des armes.
Ah! par Allah!
Pour mon cœur ce fracas
A des charmes:
C’est le chant des soldats
Volant aux combats!

CHOEUR:
Il est temps. C’est la mort,
Nuit d’alarmes.
Hâte-toi, l’heure finit:
Prends tes armes.
Ah! par Allah!
Pour un Cheik les combats
Ont des charmes.
Avec toi les soldats
Bravent le trépas.

SOLO:
Mon cœur charmé,
D’amour pâmé,
Voit dans tes yeux
Les cieux.
Et les houris
N’ont plus de prix
Quand tu souris!
Mon cheval a dressé
Sa crinière,
Car le vent a froissé
Ma bannière.
Ah! par Allah!
Mon âme est dans tes bras
Prisonnière.
Je ne puis sur leurs pas
Voler aux combats.

CHOEUR:
Ton cheval a dressé
Sa crinière,
Car le vent a froissé
Ta bannière:
Ah! par Allah!
Que ton âme, en ses bras
Prisonnière,
Se réveille au fracas
Du chant des combats.

SOLO:
Nos jours sont finis,
Restons unis
Au bleu séjour
D’amour.
L’éternité
De volupté,
C’est ta beauté,
Fathma!

Deuxième Tableau
I. Razzia

LES GUERRIERS:
À travers l’ombre
Marchons en nombre,
Et surprenons par un détour
Nos ennemis avant le jour.
Ils ont des bœufs, ils ont de l’or:
Dérobons leur trésor.

LES PASTEURS:
Le vent du soir fait palpiter nos tentes.
Les yeux fixés aux voûtes scintillantes,
Doucement nous rêvons
En chantant nos chansons.

LES GUERRIERS:
Yataghans,
Burnous, turbans,
Or et bijoux
Seront à nous.

LES PASTEURS:
Dans le désert, oh! que la vie est belle!
Le ciel nous donne une fête éternelle,
Des moissons, des troupeaux,
Le bonheur, le repos.

LES GUERRIERS:
À mort! à mort!
Il faut plier devant le fort,
Soumettez-vous à votre sort!

LES PASTEURS:
Pitié pour la femme et l’enfant!

LES GUERRIERS:
Non!

LES PASTEURS:
Le saint Prophète les défend!

LES GUERRIERS:
Non!

LES PASTEURS:
Prenez nos blés et nos troupeaux!

LES GUERRIERS:
Non!

LES PASTEURS:
Le lin filé par nos fuseaux!

LES GUERRIERS:
Non!

LES PASTEURS:
Nos burnous, nos fusils, nos chevaux!

LES GUERRIERS:
Non!
Qu’on se soumette!

LES PASTEURS:
Épargnez-nous!

LES GUERRIERS:
Par le Prophète !

LES PASTEURS:
À vos genoux…

LES GUERRIERS:
Courbez la tête!

LES PASTEURS:
Nous tremblons tous!

LES GUERRIERS:
Ou donnez-nous…

LES PASTEURS:
Que voulez-vous?

LES GUERRIERS:
Mille boudjoux.

LES PASTEURS:
Mille boudjoux!

LES GUERRIERS:
Mille boudjoux.

LES PASTEURS:
Ils sont à vous!

II. Pastorale

Ils sont partis!
Sortez de vos abris,
Chevreaux, moutons, brebis,
Hier cachés:
Sortez du creux des noirs rochers,

Grands bœufs couchés!
Mon troupeau se rallie au doux son de ma flûte;
Vers moi vient, en bêlant,
La brebis que suit l’agneau blanc;
Le bélier a penché son front prêt à la lutte,
Les taureaux aux flancs roux
Se sont mis sur l’herbe à genoux.
Par ce beau soir que vivre est doux !

Ils ont fui! l’oasis a repris son silence,
Et l’on voit le ramier
Revenir sans peur au palmier,
Dans les fleurs, en riant, la Péri se balance,
Et la vierge à l’œil noir,
Au ruisseau descend pour se voir.
Le jour s’enfuit!
L’amour descend avec la nuit.

Rentrez dans vos abris,
Chevreaux, moutons, brebis!
Le jour s’enfuit…
L’amour descend avec la nuit.

Troisième Tableau
Conjuration des Djinns

CHOEUR DE SORCIÈRES:
Il est minuit.
Faisons grand bruit
Avec la danse, avec le chant

Et le tambour
Jusques au jour,
Pour effrayer le Djinn méchant.
Chassons dans l’enfer, sa prison,
Le noir esprit de la maison.

UNE SORCIÈRE:
Esprits impurs,
Quittez ces murs
Aux coins obscurs:
Le feu qui luit
Dans votre nuit
Plonge et vous suit.

CHOEUR DE SORCIÈRES:
You, you, you, you.

UNE SORCIÈRE:
Fuyez d’ici, spectres funèbres,
Goules, afrites, djinns, esprits,
Qui déployez dans les ténèbres
Vos ailes de chauve-souris!
Le tarbouka plus fort bourdonne,
Le feu sacré brille plus clair.
Disparaissez, je vous l’ordonne,
Fils de la tombe ou de l’Enfer!

CHOEUR DE SORCIÈRES:
Grâce à nos cris,
Démons, esprits,
Prennent la fuite, et l’on entend
Le bruit que font
Sur le plafond
Leurs noirs essaims en se heurtant.
De son vol lourd fouettant la nuit,
En glapissant leur troupe fuit.

Quatrième Tableau
Chant du soir

Sur les palmiers, les colombes fidèles
Vont se poser et gémir leur chanson;
Les minarets et leurs blanches tourelles
Chantent là-bas à travers l’horizon.
Et le muezzin, dans le ciel bleu,
Jette son cri: Dieu seul est Dieu!
Par Mahomet! Dieu seul est Dieu!

LE MUEZZIN:
Salam-aleik, aleikoum el-salam. La Allah il Allah,
ou-Mohamed naçoul Allah.

C’est l’heure solennelle
Du soir,
L’heure où ma belle,
Sans voile, laisse voir
Son grand œil de gazelle
Si noir.
Cest l’heure où chaque soir
Je vais à côté d’elle
M’asseoir.
Les noirs cyprès sur les tombes gémissent,
Et le soleil s’est éteint dans la nuit;
Dans un baiser que nos âmes s’unissent,
Et profitons de ce jour qui s’enfuit…
Et le muezzin dans le ciel bleu
Jette son cri: Dieu seul est Dieu!

Cinquième Tableau
La Dhossa

LE MUEZZIN:
Ô toi qui fis le ciel et l’onde,
Allah ! sois bon pour le croyant.
Allah ou-Akhbar.

CHOEUR DES PÈLERINS:
Allah! Allah!
Du saint tombeau, centre du monde,
Partis d’Alep, de Trébizonde,
De Fez, de Smyrne et de Golconde,
Nous revenons toujours priant.
Allah! Allah!
Nous avons adoré
Le Temple en sa gloire,
Vu la pierre noire
Dans le lieu sacré!
Le cercueil suspendu,
Le puits dont l’eau pure
Rend net de souillure
Quiconque en a bu.
Franchissant l’océan de sable
Sous un ciel dont l’ardeur accable,
Pour laver notre front coupable
Nous avons cheminé longtemps.
Dans la Mecque où dort le Prophète,
Jusqu’au sol inclinant la tête,
Nous avons observé la fête
Qui rend saints les croyants.
Vers la mosquée où l’on prie à genoux
Dirigeons-nous.

L’EMIR DES HADJI:
Allez dans l’enceinte,
Sous la coupole sainte
De cent couleurs peinte
Offrir à Dieu sans crainte
Vos cœurs purs de feinte.

CHOEUR DES DERVICHES:
Que la sainte foule,
Dont le flot ondoyant se roule,
En passant nous foule,
Et sur nos corps s’écoule
Ainsi qu’une houle.

CHOEUR DE DERVICHES ET DE PÈLERINS DANS LA MOSQUÉE:
Ô toi qui fis le ciel et l’onde,
Allah ! sois bon pour le croyant!
Ô toi seul roi du monde,
Allah ! toi seul es grand!
Allah ou-Akhbar!


Ernest Reyer

A tre cori

Giovanni Paolo Colonna (1637 - 28 novembre 1695): Laudate Dominum a tre cori, due trombe, archi e continuo (1672).
I coro, in cornu evangelii: Sonia Tedla, soprano; Francesco Giusti, contralto; Michele Concato, tenore; Carlo Bonarelli, basso; Coro della Cappella musicale di San Petronio in Bologna; Sara Dieci, organo; dir. Michele Vannelli.
II coro, in cornu epistolæ: Francesca Cassinari, soprano; Jacopo Facchini, contralto; Alberto Allegrezza, tenore; Gabriele Lombardi, basso; ensemble vocale Color Temporis; Marina Scaioli, organo; dir. Marco Belluzzi.
III coro, in abside: Elena Bertuzzi, soprano; Raphaël Mas, contralto; Baltasar Zúñiga, tenore; Abramo Rosalen, basso; Collegium Musicum Almae Matris; Francesco Tasini, organo; David Winton, maestro del coro.
Michele Vannelli, maestro di cappella.

Del ciel regina – II

Guillaume Dufay (c1397 - 27 novembre 1474): Vergine bella, canzone spirituale su testo di Fran­cesco Petrarca (1ª strofe). Duo Mignarda: Donna Stewart, voce; Ron Andrico, liuto.

Vergine bella, che di sol vestita,
coronata di stelle, al sommo Sole
piacesti sí, che ’n te Sua luce ascose,
amor mi spinge a dir di te parole:
ma non so ’ncominciar senza tu’ aita,
et di Colui ch’amando in te si pose.
Invoco lei che ben sempre rispose,
chi la chiamò con fede:
Vergine, s’a mercede
miseria extrema de l’humane cose
già mai ti volse, al mio prego t’inchina,
soccorri a la mia guerra,
bench’i’ sia terra, et tu del ciel regina.

Amabili tabernacoli

Joseph Gabriel Rheinberger (1839 - 25 novembre 1901): Hymne: Wie lieblich sind deine Wohnungen per coro femminile e arpa (o pianoforte) op. 35 (1865); testo: Salmo LXXXIII (84), versetti 2-5 e 12. Kammerchor Stuttgart e Ensemble Stuttgart, dir. Frieder Bernius.

Wie lieblich sind deine Wohnungen, o Herr!
Es sehnt sich meine Seele nach dem Vorhof des Herrn.
Mein Herz frohlockt in dem lebendigen Gotte;
denn der Sperling findet ein Haus,
und die Taube Obdach im Sturm:
ich finde deine Altäre, o du mein König, Herr und Gott!
Selig sind die in deinem Hause wohnen,
in alle Ewigkeit loben sie dich!
Barmherzigkeit und Wahrheit liebt Gott,
und denen die da wandeln in Unschuld,
gibt Gnade er und Herrlichkeit.

Rheinberger, op. 35

L’isola più bella

Henry Purcell (1659 - 21 novembre 1695): «Fairest isle», aria per soprano (Venere) dal V atto della semi-opera King Arthur Z 628 (1691); testo di John Dryden. Anna Dennis, soprano; Voices of Music.

Fairest isle, all isles excelling,
Seat of pleasure and of love,
Venus here will choose her dwelling,
And forsake her Cyprian grove.
Cupid from his fav’rite nation
Care and envy will remove;
Jealousy that poisons passion,
And despair that dies for love.

Gentle murmurs, sweet complaining,
Sighs that blow the fire of love,
Soft repulses, kind disdaining,
Shall be all the pains you prove.
Ev’ry swain shall pay his duty,
Grateful ev’ry nymph shall prove;
And as these excel in beauty,
Those shall be renown’d for love.

Poesie indù

Maurice Delage (13 novembre 1879 - 1961): Quatre Poèmes hindous (1912). Janet Baker, mezzo­soprano; Melos Ensemble, dir. Bernard Keeffe.

I. Madras: Une belle

Une belle à la taille svelte
se promène sous les arbres de la forêt,
en se reposant de temps en temps.
Ayant relevé de la main
les trois voiles d’or
qui lui couvre les seins,
elle renvoie à la lune
les rayons dont elle était baignée.

II. Lahore: Un sapin isolé (Gérard de Nerval, da Heinrich Heine) [2:22]

Un sapin isolé se dresse sur une montagne
Aride du Nord. Il sommeille.
La glace et la neige l’environne
D’un manteau blanc.

Il rêve d’un palmier qui là-bas
Dans l’Orient lointain se désole,
Solitaire et taciturne,
Sur la pente de son rocher brûlant.

III. Bénarès: Naissance de Bouddha [6:21]

En ce temps-là fut annoncé
la venue de Bouddha sur la terre.
Il se fit dans le ciel un grand bruit de nuages.
Les Dieux, agitant leurs éventails et leurs vêtements,
répandirent d’innombrables fleurs merveilleuses.
Des parfums mystérieux et doux se croisèrent
comme des lianes dans le souffle tiède de cette nuit de printemps.
La perle divine de la pleine lune
s’arrêta sur le palais de marbre,
gardé par vingt mille éléphants,
pareils à des collines grises de la couleur de nuages.

IV. Jaipur: Si vous pensez à elle [7:50]

Si vous pensez à elle,
vous éprouvez un douloureux tourment.
Si vous la voyez,
votre esprit se trouble.
Si vous la touchez,
Vous perdez la raison.
Comment peut-on l’appeler bien-aimée?

Cara piccola Elsa

Ludwig Senfl (c1486 - c1543): Ach Elslein, Lied a 4 voci (pubblicato nella raccolta antologica Hundert und ainundzweintzig neue Lieder, Norimberga 1534, n. 37). Ansambl Triola.

Ach Elslein, liebes Elselein mein,
Wie gern wär ich bei dir!
So sein zwei tiefe Wasser
Wohl zwischen dir und mir,
So sein zwei tiefe Wasser
Wohl zwischen dir und mir.

Das bringt mir grosse Schmerzen,
Herzallerliebster Gsell!
Und ich von ganzem Herzen
Halt’s für gross Ungefäll,
Und ich von ganzem Herzen
Halt’s für groß Ungefäll.

Hoff, Zeit wird es wohl enden,
Hoff, Glück wird kommen drein,
Sich in all’s Güts verwenden,
Herzliebstes Elselein,
Sich in all’s Güts verwenden,
Herzliebstes Elselein.


Ut non confundar

Franz Tunder (1614 - 5 novembre 1667): O Jesu dulcissime, mottetto per basso, 2 violini e continuo. Rheinische Kantorei e Das Kleine Konzert. dir. Hermann Max.

O, Jesu dulcissime, creator generis humani,
quod per sacramentum tuum voluisti habitare in nobis,
conserva cor meum et corpus meum,
ut non confundar in aeternum.
Alleluia.

Una salda fortezza – I

Ein feste Burg ist unser Gott, inno su testo di Martin Lutero (ispirato dal Salmo 46) con melodia di Joseph Klug (1529).

Ein feste Burg ist unser Gott,
Ein gute Wehr und Waffen.
Er hilft uns frei aus aller Not,
Die uns jetzt hat betroffen.
Der alt böse Feind,
Mit Ernst er’s jetzt meint.
Groß Macht und viel List
Sein grausam Rüstung ist.
Auf Erd ist nicht seinsgleichen.

Mit unsrer Macht ist nichts getan,
Wir sind gar bald verloren.
Es streit’t für uns der rechte Mann,
Den Gott hat selbst erkoren.
Fragst du, wer der ist?
Er heißt Jesus Christ,
Der Herr Zebaoth,
Und ist kein ander Gott.
Das Feld muß er behalten.

Und wenn die Welt voll Teufel wär
Und wollt uns gar verschlingen,
So fürchten wir uns nicht so sehr,
Es soll uns doch gelingen.
Der Fürst dieser Welt,
Wie saur er sich stellt,
Tut er uns doch nicht.
Das macht, er ist gericht’t.
Ein Wörtlein kann ihn fällen.

Das Wort sie sollen lassen stahn
Und kein’ Dank dazu haben.
Er ist bei uns wohl auf dem Plan
Mit seinem Geist und Gaben.
Nehmen sie den Leib,
Gut, Ehr, Kind und Weib,
Laß fahren dahin.
Sie haben’s kein Gewinn.
Das Reich muß uns doch bleiben.


Stephan Mahu (c1480/90-1541?): Ein feste Burg ist unser Gott. Paula Bär-Giese, soprano (interpreta il ruolo di Katharina von Bora, moglie di Lutero); Hein Hof (nei panni di Mahu) l’accompagna al virginale.


Samuel Scheidt (1587-1654): Ein feste Burg ist unser Gott. Coro Anonymus.


Una squillante versione del celebre corale luterano, eseguita alla tromba da Timothy Moke e all’organo da Georg Masanz.


Georg Philipp Telemann (1681-1767): Ein feste Burg ist unser Gott, mottetto-corale a 4 voci, con strumenti ad libitum, e basso continuo TVWV 8:7. Magdeburger Kammerchor e Magdeburger Barockorchester, dir. Lothar Hennig.

Il 31 ottobre 1517 Martin Lutero rese pubbliche (secondo la tradizione, affiggendole sul portale della Schlosskirche di Wittenberg) le proprie 95 tesi «sulla dichiarazione del potere delle indulgenze»; per convenzione storica, questo evento è considerato l’inizio della Riforma protestante.

Veduta di Wittenberg, 1536. Sulla sinistra, la Schlosskirche

Dona a noi la pace

Andreas Hammerschmidt (1611 - 29 ottobre 1675): Verleih uns Frieden genädiglich, mottetto per 3 voci soliste (soprano, tenore, basso), coro a 6 voci, 2 cornetti, 3 tromboni e basso continuo (pubblicato in Musicalische Andachten, 4ª parte, 1646, n. 34). Knabenchor Hannover, Himlische Cantorey, Johann Rosenmüller Ensemble, dir. Jörg Breiding.

Verleih uns Frieden genädiglich,
Herr Gott, zu unsern Zeiten.
Es ist doch ja kein andrer nicht,
der für uns könnte streiten,
denn du, unser Gott, alleine.


È un sogno la vita

Anonimo (erroneamente attribuita a Stefano Landi, 1587-1639): Homo fugit velut umbra – Passacalli della vita a 3 voci (pubblicata nella raccolta Canzonette spirituali e morali, che si cantano nell’Oratorio di Chiavenna, 1657). Marco Beasley, voce; ensemble L’Arpeggiata, dir. Christina Pluhar.

Oh, come t’inganni
se pensi che gli anni
non han da finire:
bisogna morire.

È un sogno la vita
che par sì gradita,
è breve gioire,
bisogna morire.
Non val medicina,
non giova la china,
non si può guarire,
bisogna morire.

Non vaglion sberate,
minarie, bravate
che caglia l’ardire,
bisogna morire.
Dottrina che giova,
parola non trova
che plachi l’ardire,
bisogna morire.

Non si trova modo
di scioglier ‘sto nodo,
non vale fuggire,
bisogna morire.
Commun’è statuto,
non vale l’astuto
‘sto colpo schermire,
bisogna morire.

La morte crudele
a tutti è infedele,
ogn’uno svergogna,
morire bisogna.
È pur o pazzia
o gran frenesia,
par dirsi menzogna,
morire bisogna.

Si more cantando,
si more sonando
la cetra, o sampogna,
morire bisogna.
Si muore danzando,
bevendo, mangiando;
con quella carogna
morire bisogna.

I giovani, i putti
e gl’huomini tutti
s’hann’a incenerire,
bisogna morire.
I sani, gl’infermi,
i bravi, gl’inermi
tutt’hann’a finire,
bisogna morire.

E quando che meno
ti pensi, nel seno
ti vien a finire,
bisogna morire.
Se tu non vi pensi
hai persi li sensi,
sei morto e puoi dire:
bisogna morire.

Dopo Azincourt (25 ottobre 1415)

Anonimo (XV secolo): The Agincourt Carol. Fauvel Consort.

Deo gracias Anglia redde pro victoria!

Owre Kynge went forth to Normandy
With grace and myght of chyvalry
Ther God for hym wrought mervelusly;
Wherefore Englonde may call and cry:

Deo gracias Anglia redde pro victoria!

He sette sege, forsothe to say,
To Harflu towne with ryal aray;
That toune he wan and made afray
That Fraunce shal rewe tyl domesday.

Deo gracias Anglia redde pro victoria!

Then went hym forth, owre king comely,
In Agincourt feld he faught manly;
Throw grace of God most marvelsuly,
He had both feld and victory.

Deo gracias Anglia redde pro victoria!

Ther lordys, erles and barone
Were slayne and taken and that full soon,
Ans summe were broght into Lundone
With joye and blisse and gret renone.

Deo gracias Anglia redde pro victoria!

Almighty God he keep owre kynge,
His peple, and alle his well-wyllynge,
And give them grace wythoute endyng;
Then may we call and savely syng:

Deo gracias Anglia redde pro victoria!

Quella pace gradita

Alessandro Scarlatti (1660 - 24 ottobre 1725): Quella pace gradita, cantata da camera per soprano, flauto dolce, violino, violoncello e basso continuo H 610. Alicia Amo, soprano; ensemble La Ritirata, dir. Josetxu Obregón.

I. Sinfonia: Andante

II. Quella pace gradita (recitativo)

Quella pace gradita,
ch’or non alberga più dentro al mio seno,
fa che la propria vita odio ed aborro.
Amor, tu sai s’io peno
e se penai la serie di tant’anni,
ma ne raccolsi sol messe d’affanni.
Or questa pover’alma,
che stanca è di soffrir, cerca la calma.

III. Crudel tiranno Amore (aria)

Crudel tiranno Amore,
non più tormenti, no,
non tante pene.
Ché stanco questo core
soffrir già più non può
tante catene.

IV. O voi selve beate (recitativo)

O voi selve beate,
che nel sen racchiudete un silenzio,
una quiete sì gradita
che a star con voi m’invita;
oh, quanto, o Dio, invidio la tua sorte,
caro augellin che godi
tra quei graditi orrori
nell’innocenza tua i puri amori.

V. Care selve, soggiorni di quiete (aria)

Care selve, soggiorni di quiete,
star con voi sol brama il mio cor.
Stanco di più penar,
or brama di passar l’ore più liete
lontano dalle cure, e dall’Amor.

VI. Lungi, lungi da me, tiranno Amore (recitativo)

Lungi, lungi da me, tiranno Amore;
che quest’alma è avvilita
da sognati contenti,
da continui tormenti,
che m’opprimono il cor per tua cagione,
e me fanno bramare
d’abitar nelle selve,
di viver tra le belve.
Sì, sì, verrò a trovarvi,
solitudini amate:
date ricetto a un infelice core,
che dentro a voi nascoso
spera trovar riposo.

VII. Teco, o mesta tortorella (aria)

Teco, o mesta tortorella,
viver voglio in compagnia.
Dov’è ’l bosco più frondoso,
dove più la selva è bella
starò ascoso per dar quiete all’alma mia.

Moro beato


Jacques Arcadelt (1507 - 14 ottobre 1568): Il bianco e dolce cigno, madrigale a 4 voci (pubblicato nel Primo Libro de’ madrigali a 4 voci, 1539, n. 1); testo di Giovanni Guidiccioni rielaborato da Alfonso d’Avalos. The King’s Singers (sopra) e The Consort of Musicke.

Il bianco e dolce cigno
cantando more, ed io
piangendo giung’al fin del viver mio.
Stran’e diversa sorte,
ch’ei more sconsolato
ed io moro beato.
Morte che nel morire
m’empie di gioia tutto e di desire.
Se nel morir, altro dolor non sento,
di mille mort’il dì sarei contento.


Ed ecco una lectio magistralis di Francesco Di Fortunato:


Le picotin (non pas d’avoine)

Claudin de Sermisy (c1490 - 13 ottobre 1562): En entrant en ung jardin, chanson a 4 voci (pubblicata in Trente et une chansons musicales à 4 parties, 1531, n. 11) su testo di Clément Marot (L’Adolescence clémentine, Chanson XXVI). La Maurache, dir. Julien Skowron.

En entrant en ung jardin
Je trouvay Guillot Martin
Avec Helaine
Qui demandoit au matin son picotin
Son beau petit picotin,
Non pas d’avaine.

A donc Guillot luy a dit:
Vous aurez bien ce credit
Quand je seray en alaine.
Mais n’en prenes qu’ung petit.
Car par trop grant appetit
Vient souvent la pance plaine.

Sermisy - En entrant

Faute d’argent – II

Josquin des Prez (c1450 - 1521): Faulte d’argent , chanson a 5 voci. Capella Sancti Michaelis.
L’attribuzione a Josquin di questa chanson è ogetto di discussione.

Faulte d’argent c’est douleur non pareille,
Se je le dis, las, je sçai bien pourquoy,
Sans de quibus il se fault tenir quoy,
Femme qui dort, pour argent se resveille.

Faute d’argent – I


Josquin des Prez (c1450 - 1521): Adieu mes amours, chanson a 4 voci (c1480). Interpreti: Ensemble «Clément Janequin» (versione strumentale, sopra) e Capella Sancti Michaëlis.

Adieu mes amours, à Dieu vous command,
Adieu je vous dy jusquez au printemps.
Je suis en souci de quoy je vivray,
La raison pour quoy je le vous diray:
Je n’ay plus d’argent, vivray je du vent,
Se l’argent du roy ne vient plus souvent.

Botta e risposta – II

Guillaume Costeley (1530 - 1606): Elle craint l’esperon – Celle qu’ainsi fiere voyez, chanson a 4 voci con risposta (response). Ensemble «Clément Janequin».

Elle craint l’esperon,
Tant chatouilleuse la chair a;
Mais le vouloir est bon,
Jamais restifve ne sera.
Montez dessus, galopez la,
Courez, courez, marchez le pas,
Faites luy ce qui vous plaira,
Mais ne la picquez pas.

Response :

Celle qu’ainsi fiere voyez
Se dresser avec si grand cœur
N’est point farouche, et m’en croyez;
Mais elle a faute de picqueur:
Elle est en sa jeune vigueur,
Ce n’est que jeu, point ell’ ne mord.
Sus donc, courage, n’ayez peur,
Montez dessus et picquez fort.

Botta e risposta – I

Pierre Regnault, noto come Sandrin (c1490 - 1561): Doulce mémoire, chanson a 4 voci (composta intorno al 1538 e pubblicata nel Second Livre des chansons à quatre parties, 1543, no. 10) su testo di Francesco I di Valois-Angoulême, re di Francia. Ensemble «Clément Janequin».

Doulce mémoire en plaisir consommée,
O siècle heureulx que cause tel scavoir,
La fermeté de nous deux tant aymée,
Qui à nos maulx a sceut si bien pourvoir
Or maintenant a perdu son pouvoir,
Rompant le but de ma seure espérance
Servant d’exemple à tous piteux à veoir
Finy le bien, le mal soudain commence.


Pierre Certon (c1510/20 - 1572): Finy le bien, «response de Doulce mémoire», chanson a 4 voci (1539) su testo di Hugues Salel. Ensemble «Clément Janequin».

Finy le bien, le mal soudain commence.
O cueur heureux, qui mect à nonchaloir
La cruauté, malice et inconstance
Qu’on voit souvent au féminin vouloir
La méprisant ne se pourra douloir:
Car la vertu croistra sa renommée,
Luy despartant pour si loyal devoir
Doulce mémoire en plaisir consommée.



La Spagnoletta

Anonimo (secolo XVI): La spagnoletta. Valéry Sauvage, liuto.


Anonimo: Spagnoletta, dalla raccolta di danze Il ballarino (1581) di Marco Fabritio Caroso (1526/31 - p1605). Micrologus & Cappella de’ Turchini.


Giulio Caccini, detto Giulio Romano (1546 - 1618): Non ha ’l ciel cotanti lumi, aria a 1 voce e basso continuo (dalle Nuove musiche e nuova maniera di scriverle, 1614); testo forse di Ottavio Rinuccini (1562 - 1621). Montserrat Figueras, soprano; Hopkinson Smith, tiorba; Jordi Savall, viola da gamba; Xenia Schindler, arpa doppia.

Non ha ’l ciel cotanti lumi,
Tante still’ e mari e fiumi,
Non l’April gigli e viole,
Tanti raggi non ha il Sole,
Quant’ha doglie e pen’ogni hora
Cor gentil che s’innamora.

Penar lungo e gioir corto,
Morir vivo e viver morto,
Spem’ incerta e van desire,
Mercé poca a gran languire,
Falsi risi e veri pianti
È la vita degli amanti.

Neve al sol e nebbia al vento,
E d’Amor gioia e contento,
Degli affanni e delle pene
Ahi che ’l fin già mai non viene,
Giel di morte estingue ardore
Ch’in un’alma accende amore.

Ben soll’io che ’l morir solo
Può dar fine al mio gran duolo,
Né di voi già mi dogl’io
Del mio stato acerbo e rio;
Sol Amor tiranno accuso,
Occhi belli, e voi ne scuso.


Giles Farnaby (c1563 - 1640): The Old Spagnoletta (dal Fitzwilliam Virginal Book, n. [CCLXXXIX]). Christopher Hogwood, clavicembalo.


Bernardo Storace (c1637 - c1707): Aria sopra la Spagnoletta (da Selva di varie compositioni d’intavolatura per cimbalo et organo, 1664). Matteo Imbruno all’organo della Oude Kerk di Amsterdam.

Das flehende Lied

Richard Strauss (1864 - 8 settembre 1949): Notturno, Lied con orchestra op. 44 n. 1 (1899) su testo di Richard Dehmel (da Erscheinung, pubblicata nella raccolta Erlösungen, 1891). Linda Finnie, mezzosoprano; Royal Scottish National Orchestra, dir. Neeme Järvi.

Hoch hing der Mond; das Schneegefild
lag weit und öde um mich her,
wie meine Seele bleich und leer.
Und neben mir – so stumm und wild,
so stumm und kalt wie meine Not,
als wollt’ er weichen nimmermehr,
saß starr – und wartete – der Tod.

Da kam es her, wie einst so mild,
so bang und sacht,
aus ferner Nacht;
so kummerschwer
kam seiner Geige Hauch daher,
und vor mir stand sein stilles Bild.

Der mich umflochten wie ein Band,
daß meine Blüte nicht zerfiel
und daß mein Herz die Sehnsucht fand,
die große Sehnsucht ohne Ziel:
dar stand er nun in öden land,
und stand so trüb und feierlich,
und sah nicht auf, noch grüßte mich, –
nur seine Töne ließ er irr’n
und weinen durch die kühle Flur,
und mir entgegen schaute nur
auf seiner Stirn,
als wär’s ein Auge hohl und fahl,
der tiefen Wunde dunkles Mal.

Und trüber quoll das trübe Lied,
und quoll so heiß, und wuchs und schwoll,
so heiß und voll
wie Leben, das nach Liebe glüht, –
wie Liebe, die nach Leben schreit,
nach ungenoßner Seligkeit,

so wehevoll,
so wühlend quoll
das strömende Lied und flutete, –
und leise leise blutete
und strömte mit
ins bleiche schneefeld, rot und fahl,
der tiefen Wunde dunkles Mal.

Und müder glitt die müde Hand,
und vor mir stand
ein bleicher Tag,
ein ferner bleicher Jugendtag,
da Starr im Sand
zerfallen seine Blüte lag,
da seine Sehnsucht sich vergaß
in ihrer Schwermut Uebermaß
und seiner Traurigkeiten müd
zum Ziel Er schritt, –
und liet auf schrie das wienende Lied,
das wühlende, und flutete,
und seiner Saiten Klage schnitt
und seine Stirme blutete
und weinte mit
in meiner starre Seelennot,
als sollt’ ich hören ein Gebot,
als sollt’ ich fühlen, was ich litt,
und fühlen alles Leidens Schuld
und alles Lebens warme Huld, –
und also, blutend, wandt’ er sich
ins bleiche Dunkel – und verblich.

Und bebend hört’ ich mir entgehn,
entfliehn das Lied, und wie so zart
so zitternd ward
der langen Töne fernes Flehn, –
da fühlte ich kalt ein Rauschen wehn
und grauenschwer
die Luft sich rühren um mich her,
und wollte bebend doch ihn sehn,
sein Lauschen sehn,
Der wartend saß bei meiner Not,
und wandte mich, – da lag es kahl.
das bleiche Feld: und still und fahl
zog fern vondannen – auch der Tod.

Hoch hing der Mond; und mild und müd
hinschwand es in die leere Nacht,
das flehende Lied, –
und schwand und schied,
des toten Freundes flehendes Lied.

Soleils de septembre

Lili Boulanger (1893 - 1918): Soleils de septembre per coro e pianoforte (1912) su testo di Auguste Lacaussade (da Poèmes et Paysages). Friederike Schorling, contralto; Orpheus Vokalensemble, dir. Michael Alber; Antonii Baryshevskyi, pianoforte.

Sous les tièdes rayons des soleils de septembre
Le ciel est doux, mais pâle: et la terre jaunit.
Dans les forêts la feuille a la couleur de l’ambre;
L’oiseau ne chante plus sur le bord de son nid.

Du toit des laboureurs ont fui les hirondelles;
La faucille a passé sur l’épi d’or des blés;
On n’entend plus dans l’air de frémissements d’ailes:
Le merle siffle seul au fond des bois troublés.

La mousse est sans parfum, les herbes sans mollesse;
Le jonc sur les étangs se penche soucieux;
Le soleil, qui pâlit, d’une tiède tristesse
Emplit au loin la plaine et les monts et les cieux.

Les jours s’abrègent ; l’eau qui court dans la vallée
N’a plus ces joyeux bruits qui réjouissaient l’air:
Il semble que la terre, et frileuse et voilée,
Dans ses premiers frissons sente arriver l’hiver.

Ô changeantes saisons! ô lois inexorables!
De quel deuil la nature, hélas! va se couvrir!
Soleils des mois heureux, printemps irréparables,
Adieu! ruisseaux et fleurs vont se taire et mourir.

Mais console-toi, terre! ô Nature! ô Cybèle!
L’hiver est un sommeil et n’est point le trépas:
Les printemps reviendront te faire verte et belle;
L’homme vieillit et meurt, toi, tu ne vieillis pas!

Tu rendras aux ruisseaux, muets par la froidure,
Sous les arceaux feuillus leurs murmures chanteurs;
Aux oiseaux tu rendras leurs nids dans la verdure;
Aux lilas du vallon tu rendras ses senteurs.

Ah! des germes captifs quand tu fondras les chaînes,
Quand, de la sève à flots épanchant la liqueur,
Tu feras refleurir les roses et les chênes,
Ô Nature! avec eux fais refleurir mon cœur!

Rends à mon sein tari les poétiques sèves,
Verse en moi les chaleurs dont l’âme se nourrit,
Fais éclore à mon front les gerbes de mes rêves,
Couvre mes rameaux nus des fleurs de mon esprit.

Sans l’ivresse des chants, ma haute et chère ivresse,
Sans le bonheur d’aimer, que m’importent les jours!
Ô soleils! ô printemps! je ne veux la jeunesse
Que pour toujours chanter, que pour aimer toujours!

Le strofe in corsivo sono omesse nella composizione di Lili Boulanger.

September Song

Kurt Weill (1900 - 1950): September Song (1938); testo di Maxwell Anderson (1888 - 1959). Lotte Lenya, voce; American Theater Songs Orchestra, dir. Maurice Levine.

Oh, it’s a long, long while from May to December
But the days grow short when you reach September
When the autumn weather turns the leaves to flame
One hasn’t got time for the waiting game.

Oh, the days dwindle down to a precious few
September, November
And these few precious days I’ll spend with you
These precious days I’ll spend with you.

Notturno – IX

Othmar Schoeck (1º settembre 1886 - 1957): Notturno, 5 pezzi per voce e quartetto d’archi op. 47 (1933) su testi di Nikolaus Lenau e Gottfried Keller. Niklaus Tüller, baritono; Quartetto d’archi di Berna.

I.

– Ruhig (testo: Liebe und Vermählung di Lenau)

Sieh dort den Berg mit seinem Wiesenhange,
Die Sonne hat verzehrend ihn durchglüht,
Und Strahl auf Strahl noch immer niedersprüht;
Wie sehnt er nach der Wolke sich so bange!

Dort schwebt sie schon in ihrem luft’gen Gange,
Auf deren Kuß die Blumenfreude blüht;
Wie flehend sich um ihre Neigung müht
Der Berg, daß sie sein Felsenarm umfange!

Sie kommt, sie naht, sie wird herniedersinken,
Er aber die Erquickungsreiche tief
Hinab in seinen heißen Busen trinken.

Und auferblühn’ in wonniger Beseelung
Wird, was an schönen Blüten in ihm schlief,
Ein treues Bild der Liebe, der Vermählung!

Sieh hier den Bach, anbei die Waldesrose:
Sie mögen dir vom Lieben und Vermählen
Die wandelbaren, täuschungsvollen Lose
Getreuer viel, als Berg und Wolk, erzählen.

Die Rose lauscht ins liebliche Getose,
Umsungen von des Haines süßen Kehlen,
Und ihr zu Füßen weint der Ruhelose,
Der immer naht, ihr immer doch zu fehlen.

Ein schönes Spiel! solang der Frühling säumt,
Die Rose hold zum Bach hinunter träumt,
Solang ihr Bild in seinen Wellen zittert.

Wenn Sommersgluten sie vom Strauche jagen,
Wenn sie vom Bache wird davongetragen,
Dann ist sie welk, der Zauber ist verwittert!

– Andante appassionato [5:07]

– Etwas breiter (testo: Der schwere Abend di Lenau) [10:29]

Die dunklen Wolken hingen
Herab so bang und schwer,
Wir beide traurig gingen
Im Garten hin und her.

So heiß und stumm, so trübe
Und sternlos war die Nacht,
So ganz, wie unsre Liebe,
Zu Tränen nur gemacht.

Und als ich mußte scheiden
Und gute Nacht dir bot,
Wünscht’ ich bekümmert beiden
Im Herzen uns den Tod.

– Sehr ruhig (testo: Blick in den Strom di Lenau) [12:42]

Sahst du ein Glück vorübergehn,
das nie sich wiederfindet,
Ist’s gut in einen Strom zu sehn,
wo alles wogt und schwindet.

O, starre nur hinein, hinein;
Du wirst es leichter missen,
Was dir, und soll’s dein Liebstes sein,
Vom Herzen ward gerissen.

Blick unverwandt hinab zum Fluß,
Bis deine Tränen fallen,
Und sieh durch ihren warmen Guß
Die Flut hinunterwallen.

Hinträumend wird Vergessenheit
Des Herzens Wunde schließen;
Die Seele sieht mit ihrem Leid
Sich selbst vorüberfließen.


II. [15:49]

– Presto (testo: Traumgewalten di Lenau)

Der Traum war so wild, der Traum war so schaurig
So tief erschütternd, unendlich traurig.
Ich möchte gerne mir sagen:
Daß ich ja fest geschlafen hab,
Daß ich ja nicht geträumt hab,
Doch rinnen mir noch die Tränen herab,
Ich höre mein Herz noch schlagen.

Ich bin erwacht in banger Ermattung,
Ich finde mein Tuch durchnäßt am Kissen,
Wie mans heimbringt von einer Bestattung;
Hab ichs im Traume hervorgerissen
Und mir getrocknet das Gesicht?
Ich weiß es nicht.
Doch waren sie da, die schlimmen Gäste,
Sie waren da zum nächtlichen Feste.

Ich schlief, mein Haus war preisgegeben,
Sie führten darin ein wüstes Leben.
Nun sind sie fort, die wilden Naturen;
In diesen Tränen find ich die Spuren,
Wie sie mir alles zusammengerüttet
Und über den Tisch den Wein geschüttet.


III. [19:08]

– Unuhig bewegt (testo: Ein Herbstabend di Lenau)

Es weht der Wind so kühl, entlaubend rings die Äste,
Er ruft zum Wald hinein: Gut Nacht, ihr Erdengäste!

Am Hügel strahlt der Mond, die grauen Wolken jagen
Schnell übers Tal hinaus, wo alle Wälder klagen.

Das Bächlein schleicht hinab, von abgestorbnen Hainen
Trägt es die Blätter fort mit halbersticktem Weinen.

Nie hört ich einen Quell so leise traurig klingend,
Die Weid am Ufer steht, die weichen Äste ringend.

Und eines toten Freunds gedenkend lausch ich nieder
Zum Quell, er murmelt stets: wir sehen uns nicht wieder!

Horch! plötzlich in der Luft ein schnatterndes Geplauder:
Wildgänse auf der Flucht vor winterlichem Schauder.

Sie jagen hinter sich den Herbst mit raschen Flügeln,
Sie lassen scheu zurück das Sterben auf den Hügeln.

Wo sind sie? ha! wie schnell sie dort vorüberstreichen
Am hellen Mond und jetzt unsichtbar schon entweichen;

Ihr ahnungsvoller Laut läßt sich noch immer hören,
Dem Wandrer in der Brust die Wehmut aufzustören.

Südwärts die Vögel ziehn mit eiligem Geschwätze;
Doch auch den Süden deckt der Tod mit seinem Netze.

Natur das Ewge schaut in unruhvollen Träumen,
Fährt auf und will entfliehn den todverfallnen Räumen.

Der abgerißne Ruf, womit Zugvögel schweben,
Ist Aufschrei wirren Traums von einem ew’gen Leben.

Ich höre sie nicht mehr, schon sind sie weit von hinnen;
Die Zweifel in der Brust den Nachtgesang beginnen:

Ists Erdenleben Schein? – ist es die umgekehrte
Fata Morgana nur, des Ew’gen Spiegelfährte?

Warum denn aber wird dem Erdenleben bange,
Wenn es ein Schein nur ist, vor seinem Untergange?

Ist solche Bängnis nur von dem, was wird bestehen,
Ein Widerglanz, daß auch sein Bild nicht will vergehen?

Dies Bangen auch nur Schein? So schwärmen die Gedanken,
Wie dort durchs öde Tal die Herbstesnebel schwanken.


IV. [25:36]

– Ruhig und leise (testo: Herbst di Lenau)

Rings ein Verstummen, ein Entfärben:
Wie sanft den Wald die Lüfte streicheln,
Sein welkes Laub ihm abzuschmeicheln;
Ich liebe dieses milde Sterben.

Von hinnen geht die stille Reise,
Die Zeit der Liebe ist verklungen,
Die Vögel haben ausgesungen,
Und dürre Blätter sinken leise.

Die Vögel zogen nach dem Süden,
Aus dem Verfall des Laubes tauchen
Die Nester, die nicht Schutz mehr brauchen,
Die Blätter fallen stets, die müden.

In dieses Waldes leisem Rauschen
Ist mir als hör’ ich Kunde wehen,
daß alles Sterben und Vergehen
Nur heimlich still vergnügtes Tauschen.


V. [28:17]

– Rasch und kräftig (testo: Der einsame Trinker di Lenau)

«Ach, wer möchte einsam trinken,
Ohne Rede, Rundgesang,
Ohne an die Brust zu sinken
Einem Freund im Wonnedrang?»

Ich; – die Freunde sind zu selten;
Ohne Denken trinkt das Tier,
Und ich lad aus andern Welten
Lieber meine Gäste mir.

Wenn im Wein Gedanken quellen,
Wühlt ihr mir den Schlamm empor,
Wie des Ganges heilge Wellen
Trübt ein Elephantenchor.

Dionys in Vaterarme
Mild den einzlen Mann empfing,
Der, gekränket von dem Schwarme,
Nach Eleusis opfern ging.

– Allegretto (ruhig) [29:57]

– Breiter (testo: Impromptu di Lenau) [31:46]

O Einsamkeit! wie trink ich gerne
Aus deiner frischen Waldzisterne!

– Allegretto tranquillo (testo: Heerwagen, mächtig Sternbild der Germanen di Keller) [32:16]

Heerwagen, mächtig Sternbild der Germanen,
das du fährst mit stetig stillem Zuge
über den Himmel deine herrliche Bahn,
von Osten aufgestiegen alle Nacht!
O fahre hin und kehre täglich wieder!
Sieh meinen Gleichmut und mein treues Auge,
das dir folgt so lange Jahre!
Und bin ich müde, o so nimm die Seele,
die so leicht an Wert, doch auch an üblem Willen,
nimm sie auf und laß sie mit dir reisen,
schuldlos wie ein Kind, das deine Strahlendeichsel
nicht beschwert, hinüber!
ich spähe weit, wohin wir fahren.


Othmar Schoeck

Dolci pesi da sopportare

Tomás Luis de Victoria (1548 - 27 agosto 1611): Vere languores nostros, mottetto a 4 voci (pubblicato in Motecta, que partim quaternis, partim quinis, alia senis, alia octonis vocibus concinuntur, vol. I, 1572, n. 11). The Sixteen, dir. Harry Christophers.

Vere languores nostros ipse tulit
et dolores nostros ipse portavit
cujus livore sanati sumus.

Dulce lignum, dulce clavos,
dulcia ferens pondera
quae sola fuisti digna sustinere
regem coelorum et Dominum.

Con preghiere dai dolci suoni

Josquin des Prez (c1450 - 27 agosto 1521): Inviolata, integra et casta es, mottetto a 5 voci (pubblicato per la prima volta nella raccolta Liber selectarum cantionum quas vulgo mutetas appellant, Augusta 1520, n. 10). Ensemble Schola Antiqua, dir. Michael Alan Anderson.

Inviolata, integra et casta es Maria:
Quae es effecta fulgida caeli porta.
O Mater alma Christi carissima:
Suscipe pia laudum praeconia.
Te nunc flagitant devota corda et ora:
Nostra ut pura pectora sint et corpora.
Tua per precata dulcisona:
Nobis concedas veniam per saecula.
O benigna! O Regina! O Maria!
Quae sola inviolata permansisti.


À ma dame importune

Claudin de Sermisy (c1490 - 1562): Las! je m’y plains, chanson a 4 voci (pubblicata in Trente et sept chansons musicales a quatre parties, 1528, n. 36). Ensemble «Clément Janequin».

Las! Je m’y plains, mauldicte soit fortune,
quant pour aimer je n’ai que desplaisir.
Venez, regretz, venez mon coeur saisir,
et le monstrez a ma dame importune.


Francesco Canova, detto Francesco da Milano, Francesco del Liuto e il Divino (18 agosto 1497 - 1543): Las! je m’y plains di Sermisy intavolata per liuto (1536). Valéry Sauvage.


Chant après chant

Jean Barraqué (1928 - 17 agosto 1973): Chant après chant per voce, 6 percussionisti e pianoforte (1965-66), testi di Barraqué e Hermann Broch. Jamie Jordan, soprano; University of South Florida Percussion Ensemble: Jacob Dike, Armando Ayala, Kevin Cross, Beran Harp, Amanda Dezee e Christopher Herman; Corey Merenda, pianoforte; dir. Robert McCormick.

Vien l’alba rugiadosa

Jacopo Peri detto Zazzerino (20 agosto 1561 - 12 agosto 1633): Tu dormi, e ‘l dolce sonno. Ellen Hargis, soprano; Paul O’Dette, chitarrone; Andrew Lawrence-King, arpa; Hille Perl, lirone.

Tu dormi, e’l dolce sonno
Ti lusinga con l’ali, aura volante,
Né mov’ombra già mai tacite piante.
Io, che non ho riposo,
Se non quando da’ lumi
Verso torrenti e fiumi,
Esc’al notturno sol a me gioioso.
Tu lo splendor degl’argentati rai
Non rimiri, e tu stai
Sord’al duol che m’accora;
Io sent’e veggio ogn’hor l’aura e l’aurora.

Tu dormi, e non ascolti
Me che prego e sospiro, e piango e bramo,
E nell’alto silentio hora ti chiamo.
Ben ha profond’oblio,
Filli, sepolt’i tuoi sensi vitali,
E prov’invano
Destar in te pietà d’alma che more.
Non è Febo lontano,
Vien l’alba rugiadosa,
Ma che, dorm’e riposa,
Non piang’indarno i suoi torment’il core;
E se non senti tu, mi sent’amore.

Tu dormi, et io pur piango,
O bella, o del mio cor dolce tormento,
E col mio pianto io mir’il ciel intento.
Entro piume d’odori
Tu ripos’il bel fianco;
Io, fra mille dolori,
Sento senza pietà venirmi manco.
O sonno, o tu che porti pace ai cori,
E le menti egre conforti,
Te non chiamo già mai, ma sol desio
Che nei sospir’aquet’il morir mio.